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Covid 19 I La mission de « tracing » confiée aux centres de santé provinciaux

Le « tracing », ou suivi des contacts, consiste à tracer les personnes
ayant été en contact avec un cas confirmé de COVID-19. Et notamment dans
les écoles où se trouvent de nombreux clusters. Cette importante mission
incombe au service santé lié à l'établissement.

Covid par-ci, Covid par-là ! Il n'est plus question que de cela. Et la seconde vague qui déferle cet automne a pour caractéristique de toucher aussi les tranches de population les moins âgées. Pas un jour ne passe sans qu'une ou l'autre école ne soit concernée, avec des quarantaines et des fermetures de classes à la clé, décidées notamment suite aux résultats du tracing, traçage aujourd'hui confié aux huit centres de santé provinciaux PSE (Promotion Santé École). Ce sujet d'actualité mérite de s'informer auprès du service provincial concerné. Rencontre à Bouillon et Neufchâteau avec médecin, infirmière et secrétaire qui œuvrent sans relâche, ou si peu, pour prendre les décisions qui s'imposent.

Le médecin du centre de santé PSE de Bouillon :

Fermeture sanitaire ou organisationnelle
Quand une école, maternelle ou primaire, est fermée pour mesure sanitaire, c'est consécutif à la décision d'un médecin. Ceux-ci peuvent dépendre de l'AVIQ ou faire partie de l'association de médecins généralistes de notre province qui se sont impliqués dès le début dans la crise Covid. Quand il s'agit d'une « fermeture sanitaire », les parents doivent se débrouiller avec leurs enfants. Par contre, si c'est le Pouvoir organisateur qui prend la décision, on parle de « fermeture organisationnelle », décidée souvent parce qu'il n'y a plus assez d'enseignants et, ou, de personnel encadrant. Dans ce dernier cas, nous sommes prévenus... ou pas. Il arrive que nous l'apprenions dans la presse ! J'en veux pour preuve l'exemple récent d'une école où un membre du personnel d'entretien était positif et qui a été fermée une semaine. Attention, dans ce cas, il y a une obligation d'organiser une garderie si les parents le demandent. Il y a donc une nuance importante entre les deux types de fermetures : sanitaire ou organisationnelle. En primaire, la fermeture est effective dès que nous comptons deux cas et que c'est évalué comme une transmission au sein de la classe. Ce peut être soit deux enfants soit deux instituteurs et professeurs, soit deux de chaque « catégorie ». Si la transmission vient de l'extérieur, c'est différent. En secondaire, les enfants de plus de 12 ans sont considérés comme des adultes. Nous devons dès lors effectuer un traçage et rechercher tous les contacts étroits, discuter avec l'ado qui dit... ce qu'il a envie de nous dire. Ce tracing prend du temps. Au jour d'aujourd'hui (NDR : interview réalisée le 28 octobre), les protocoles imposent alors des quarantaines de 10 jours par rapport au dernier contact.

Le temps du tracing
Réaliser un tracing correct prend du temps. L'élève considéré comme « contact étroit » et « à haut risque » est prévenu par téléphone et écarté pendant 10 jours alors que les autres élèves de sa classe reçoivent un courrier précisant qu'ils sont « à faible risque » et énumérant les mesures de surveillance à prendre pendant 14 jours. Ici à Bouillon, nous essayons toujours de joindre les parents par téléphone pour leur signifier que leur enfant est à haut risque. Pour ces derniers, nous devons obtenir l'adresse mail des parents pour leur expliquer qu'ils doivent alors considérer leur enfant comme quelqu'un de positif avec tout ce que cela implique : manger séparément, porter le masque à l'intérieur, désinfecter les poignées de porte, utiliser des douches et toilettes différentes si possible...

Sarah Bonnenberger, infirmière au centre de santé de Neufchâteau : « Nous nous sentons utiles »

Infirmière depuis 2006, Sarah a débuté au centre de santé de Virton avant de rejoindre l'équipe de Neufchâteau en remplacement de la bien connue Jeannine Mignon. Son quotidien dans le contexte actuel ? La gestion des cas Covid dans les écoles et les contacts avec les directions dès qu'il y a un cas positif chez les élèves, les membres du personnel... Cela s'est accéléré très clairement la deuxième quinzaine d'octobre parce que les secondaires étaient en présentiel. Comme ils ne le sont plus depuis la fin du mois, et donc qu'ils restent chez eux, nous devrions aller vers du meilleur. Par la suite, tout va dépendre des nouvelles mesures et d'un éventuel reconfinement. Les directions d'écoles ont été informées, via l'ONE, l'AVIQ et le Fédéral, que ce sont les centres de santé provinciaux qui gèrent le tracing pour les écoles sous tutelle. Pour le centre de Neufchâteau, cela représentait, en 2019, environ 7600 élèves répartis dans 32 établissements pour un total de 60 implantations. Les directions d'école nous préviennent dès qu'ils ont un cas positif dans leurs murs. J'analyse la situation - date du test, symptômes, départ de l'école... - avec la direction, les parents et/ou l'élève concerné. Nous retraçons tous les contacts étroits comme les repas pris ensemble, les discussions sans masque, etc. Sur base des noms reçus, je consulte les listes des écoles pour avoir les coordonnées des parents. Je prends alors contact par téléphone avec eux, je leur explique la situation, les caractéristiques de la quarantaine... Globalement, ça se passe très bien même si je dis aux gens, parfois en plein travail, d'aller chercher leur enfant à l'école. Les gens sont courtois. Peut-être parce que le climat est anxiogène ? Mais tout se fait naturellement et sereinement. Personne ne semble fâché. Et je constate que les gens font les efforts nécessaires pour s'organiser quand c'est demandé par nous. J'appelle les parents avant que l'école ne le fasse. L'école est déjà au courant et retire l'élève de la classe en attendant sa mise en quarantaine. Parfois, nous prévenons aussi le médecin traitant et nous lui demandons des informations complémentaires. Nous travaillons en équipe, nous sommes tous des maillons d'une chaîne. Sans oublier nos auxiliaires professionnelles qui s'occupent de l'entretien des locaux et de leur désinfection suite au Covid. Cette pandémie nous occupe à 100%, et même un peu plus. Nos missions habituelles nous manquent : visites médicales, animations dans les écoles, la partie projet santé et dépistage, le suivi des bilans médicaux... Mais nous nous sentons utiles même si ce n'est pas notre métier à la base et qu'il nous faut nous adapter sans cesse aux nouvelles mesures, faire preuve d'adaptation et de flexibilité...

Katty Ruelle, secrétaire aux centres de santé d'Arlon et Neufchâteau : « Nous aidons parents et écoles, répondons à leurs questions et tentons de les rassurer »

En tant que PSE, nous suivons les règles et mesures de l'ONE et de l'AVIQ, ainsi que SCIENSANO, pour les maladies transmissibles. Depuis le mois de mars, c'est la Covid qui nous occupe. Nous collaborons aussi la cellule composée de médecins généralistes. Notre but, c'est d'aider les écoles et les parents, de répondre à toutes leurs questions et de les rassurer. En temps réel, notre objectif principal est de limiter la propagation de ce virus en milieux scolaires. En tant que secrétaire, je gère et dispatche les appels, je prends note, je dresse un bilan de la situation et ensuite je transfère aux infirmières et aux médecins. Ce faisant, je leur permets de gagner du temps. Et dans la situation que nous vivons actuellement, il n'y a vraiment plus à perdre. Nous gardons l'espoir que nous pourrons rapidement reprendre nos tâches habituelles : visites médicales, visites d'établissements, maladies transmissibles, la prophylaxie et la promotion de la santé. À ce moment-là, c'est que la crise du Covid sera derrière nous.