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Covid 19 I Dans les coulisses de la crise Covid au Service Résidentiel Général "Starting-Block"

Ouvert 365 jours par an et 24 heures sur 24, le Service Résidentiel Général "Starting-Block" de Lahage est chargé d'apporter une aide aux jeunes et aux familles en difficulté par des actions socio-éducatives dans le milieu de vie. Ainsi, il organise l'accueil collectif et l'éducation de jeunes nécessitant une aide spécialisée en dehors de leur milieu familial de vie. Il met en œuvre des programmes d'aide en vue de leur réinsertion et il assure aussi l'encadrement de ceux qui vivent en semi-autonomie et en autonomie.

Concrètement, divers ateliers d'apprentissage sont proposés aux enfants accueillis. Comme ils sont scolarisés, la prise en charge de l'équipe éducative et du personnel est organisée en fonction des horaires et des vacances scolaires des enfants. L'accueil des jeunes se fait sur mandat d'une autorité de l'Aide à la Jeunesse. La priorité est donnée aux jeunes résidant dans l'arrondissement d'Arlon sinon à ceux résidant dans la province.

Voilà pour la théorie ! Mais qu'en a-t-il été en pratique sur le terrain en période de confinement ? Eléments de réponse avec Patrick Tassou, son Directeur :

La première vague : «Il y a eu une belle solidarité au sein de la Province »

" Lors de la première vague à la mi-mars, les jeunes ont arrêté leur scolarité. Tous sont restés confinés au Centre sans aucun retour en famille le week-end et les vacances scolaires. Et ce jusqu'au milieu du mois de juin. L'objectif premier des éducateurs a alors été de les occuper ici à l'intérieur du Centre et à l'extérieur sur notre plaine de jeux provinciale. Chaque matin, les enfants ont travaillé sur leur programme scolaire via des échanges de mails avec le corps enseignant. Cela s'est bien passé. Les après-midi se voulaient plus récréatifs, et actifs, avec du sport, du bricolage, des promenades... Mais dans notre bulle, sans contacts avec des gens de l'extérieur ni visite des familles au centre. Heureusement, nous avons bénéficié de renforts « extérieurs », principalement d'Alter Ego pour les éducateurs et les assistants sociaux qui nous ont bien aidés, mais aussi les AMO de Bastogne et d'Arlon... Et pour les services techniques, dont le nettoyage, nous avons pu compter sur l'équipe de Sainte-Marie. Il y a eu une belle solidarité au sein de la Province. Mais revenons-en aux enfants ! Certains ont eu dur, comme on dit. Sans contact physique avec leur famille, ça devenait forcément long. Leur caractère s'en ressentait et la vie au quotidien n'a pas toujours été évidente. On peut essayer de leur faire comprendre la situation, mais à partir d'un certain stade, une présence familiale devient primordiale. Pour les membres de notre personnel, le but était de leur faire passer de bons moments dans des conditions à peu près normales. Les jeunes étant confinés, le personnel était le seul responsable à laisser rentrer le Covid à l'intérieur du Centre. Les horaires des éducateurs ont aussi été modifiés pour s'adapter à la situation. Puis il y a eu le déconfinement assorti du retour des primaires à l'école. Et les grandes vacances sont arrivées ! »

La deuxième vague : « Sans cas positif, cela reste gérable mais il ne faudrait pas que cela dure encore longtemps »

« Début septembre tout le monde est retourné à l'école. Une vie normale s'est réinstallée jusqu'à ce que le Covid nous rattrape. Jusqu'aux vacances d'automne, cela s'est relativement bien passé. Certains jeunes sont revenus de l'école un peu malades. Le médecin du centre les a testés. Jusqu'aux résultats, ils sont restés isolés. Heureusement, les tests se sont révélés négatifs. Dans le personnel, nous avons compté deux cas positifs, à 15 jours d'intervalle. Tous les autres membres de l'équipe ayant été en contact avec eux ont été testés. Le personnel, étant dans la bulle du Centre, a continué à travailler. Heureusement, pour eux aussi, il n'y a pas eu de cas positif. Aujourd'hui, nous continuons à respecter scrupuleusement les règles d'usage. Nous n'avons pas eu besoin d'aides supplémentaires. Nos jeunes poursuivent leur scolarité et cela se passe globalement bien. D'autant que durant la deuxième vague, les retours en famille n'ont pas été supprimés. Nous ressentons néanmoins une vraie fatigue chez le personnel. Jusqu'à présent, cela reste gérable mais il ne faudrait pas que cela dure encore longtemps. Les chiffres à la baisse nous permettent d'espérer un retour à la normale dans des délais assez brefs. Mais Covid ou pas, nous devons assumer notre rôle. Et cela engendre du stress. Les activités en extérieur sont réduites et organisées en bulles. Par chance, vu que notre environnement naturel nous le permet, les activités sportives extérieures pour les moins de 12 ans ont été maintenues. »